Les vagues ensoleillées du Maroc sont aujourd’hui des spots de surf prisés par de nombreux adeptes marocains et étrangers. Le pays compte de nombreux pratiquants, avec des formateurs experts soucieux d’accompagner le développement de ce sport-loisirs devenu un pilier du développement touristique du Royaume.
Le creux de la vague !!
Les échanges entre marocains et étrangers amoureux de pureté et à la recherche de sensations fortes ne datent pas d’hier. L’histoire du surf au Maroc trouve ses racines dans la petite ville de Mehdia. En 1912, le maréchal Lyautey décide de doter Kénitra d’un port militaire et de commerce. Claude Bernard, un militaire de cette base franco-américaine a été le premier à apporter une planche de surf au Maroc. En compagnie de Henri Coggia, Pierre Chalaud et Kabbour Abboud, il apprend à dompter les vagues marocaines dans les années 60. Kabbour Abboud, dit Mamoune, est le premier surfeur marocain de l’Histoire. Agé aujourd’hui de 68 ans, cet ancien maître nageur de la plage de Mehdia est aussi le premier Marocain à avoir participé à une compétition internationale. A Biarritz, capitale européenne du Surf, Pierre Chalaud rencontre des Australiens et leur propose de tester les côtes marocaines. Il s’agit d’étudiants voulant échapper à la guerre du Vietnam.
Le Maroc attire par la suite de plus en plus d’étrangers amoureux de la nature et du dépaysement comme les hippies. En 1970, Mehdia séduit un grand nombre de français du Maroc comme les frères Lacomar ou Agostini qui ont créé l’entreprise T&C à Hossegor (France). Anglais, Sud-africains, Français… plus personne ne résiste à Mehdia. Les Marocains sont eux aussi pris dans cette vague. Boumedienne Omari, gérant de l’école de surf Atlantic Mehdia Surfing a fait partie de la nouvelle vague marocaine de ce sport. « C’était la belle époque. Tous les surfeurs se connaissaient du Nord au Sud » raconte l’homme. La première compétition de surf au Maroc s’est déroulée en 1988 aux Sablettes (Mohammedia). Trois ans après, le pays participe pour la première fois à une compétition internationale : l’European Professional Surfing Association. Championnats et associations voient peu à peu le jour. En 1994, le Maroc se classe 21ème au championnat du monde au Brésil, une date à marquer d’une pierre blanche. Depuis, le surf a progressivement pris une place conséquente dans le pays. Mais elle reste en deçà du phénoménal potentiel naturel à disposition. Tantôt dans le creux de la vague, comme en atteste l’absence de compétitions nationales entre 1998 et 2000 qui a largement nui au surf marocain, tantôt au sommet de son art, grâce à des génies comme Abdelkhalek El Harim ou Yassine Ramdani pour ne citer qu’eux, le surf marocain cherche aujourd’hui un nouveau souffle. Début 2007, l’état de santé du surf au Maroc n’était pas au beau fixe. Des conflits entre plusieurs sportifs et la Fédération Royale Marocaine de Surf et de Bodyboard (FRMSB) plombaient les performances des jeunes espoirs. « Pourquoi Maroc Télécom a refusé de sponsoriser Abdelkhalek alors qu’il a un book très impressionnant doté d’une 13ème place au classement pro européen ? Il a battu un ex-champion du monde en la personne de Mick Fanning ! » s’insurge Dris Mhammedi. Mais depuis la fin de l’année dernière, tout semble repartir sur de bons rails. L’initiative de la FRMSB de créer un « Top 16 », où s’affronte la crème des surfeurs marocains, a relancé ce sport de glisse tant sur le plan national, qu’international. De plus, la FDMSB vient d’annoncer l’organisation d’une étape du championnat d’Europe de Longboard 2008, compétition phare, à Imessouane. Même les femmes se sont jetées à l’eau. Imane Zagraoui par exemple, vice championne du Maroc, a débuté le surf à 16 ans et vient de lancer un « surf camp », école d’apprentissage pour les filles. Aujourd’hui, tout porte à croire que les acteurs du surf au Maroc auront le vent en poupe dans les années à venir. À la condition sine qua non d’un changement des mentalités…
Un Royaume de spots !!
Plus de 1.500 km de côtes secouées par les vagues et le soleil brillant garantissent la pratique du surf toute l’année au Maroc. Impossible de ne pas apercevoir une planche sur la côte atlantique du pays qui est devenu l’une des références internationales de cette pratique en plein essor. Elle génère aujourd’hui un surf Business vestimentaire dont la marque Quiksilver en est l’illustration dans beaucoup de boutiques de Casablanca. La plage de Mehdia à Kénitra, ville de 850.000 habitants située à 30 km au nord de Rabat, figure comme le berceau du surf marocain. La localité, appelée Port Lyautey au temps du protectorat français, a accueilli une base aérienne américaine de l’OTAN après l’indépendance du pays à la fin des années 1950. Les pratiquants américains et des sportifs français établis pendant la colonisation ont donné naissance au premier spot de Médhia, toujours réputé. L’Atlantic Mehdia Surfing est aujourd’hui l’une des Ecoles de surf et de bodyboard du Maroc les plus actives du Royaume. Une flopée de structures se sont installées face aux plus beaux spots du pays, de Tanger au nord jusqu’au provinces du sud ; une région de plus en plus prisée et convoitée. Les plages les plus adaptées aux surfeurs sont celles de Dar-Bouazza (à 20 km au sud de Casablanca), où ont eu lieu les premiers championnats de surf du Maroc en 1993, de Mehdia (Kenitra), la plage des Nations (Rabat), et celle située au pied de la casbah des Oudaïa, la plage de Safi, celle de Taghazout (à 15 km d’Agadir), la plage de Minleft (près de Tiznit), et celle de Sidi Bouzid (El Jadida). A 30 km au sud d’Essaouira, la plage de Sidi-kaouki est un spot mondialement connu par les planchistes et surfeurs, mais conseillé aux initiés car les courant sont très forts.